Des semaines pour avoir un rendez-vous auprès d’un médecin spécialiste, des déserts médicaux, des personnels de santé dans les hôpitaux ou les cliniques désespérés par des conditions de travail insupportables qui démissionnent laissant les services de soins en pénurie de personnels…, tel est le triste constat !
Depuis les années 2000, la sécurité sociale est en déficit faute de financements suffisants, et pour combler le « trou » on forme moins de médecins en instaurant un concours dès les années 2010 et en réduisant le numerus clausus. La pénurie de médecins s’installe et perdure aujourd’hui tout en s’aggravant.
L’hôpital est géré comme une entreprise en recherchant la meilleure productivité. Des actes médicaux sont plus rentables que d’autres, et l’hôpital a tendance à accroitre ses activités rémunératrices, comme la chirurgie y compris en ambulatoire, en délaissant les longues prises en charge moins bien rémunérées (comme la psychiatrie ou les soins aux personnes âgées).
Alors que l’activité de l’hôpital augmente (+16% entre 2009 et 2016) les tarifs sont réduits (-5% entre 2009 et 2016) afin de contenir les dépenses de santé et le déficit de la sécurité sociale. Pour conserver le même niveau de ressources, l’hôpital se trouve dans l’obligation d’augmenter le nombre d’actes.
Le personnel médical doit faire face à une augmentation d’activité tout en étant dans l’incapacité humaine d’y faire face sauf au prix de souffrances et d’épuisement au travail.
Les personnels de santé cèdent au découragement et beaucoup démissionnent.
Pour autant l’exaspération, comme à l’hôpital Clocheville, conduit parfois à des luttes exemplaires, pour le recrutement de personnels et la rénovation de bâtiments insalubres.
La prise en charge des malades se heurte aux charges administratives et aux salaires indécents : l’attractivité pour les professions de santé s’affaiblie.
Quelles solutions ?
- Augmenter les moyens humains et financiers mais pas que ; il faut réorganiser l’hôpital notamment pour redonner aux médecins et aux personnels soignants (infirmier, aides-soignants, etc…) une meilleure gestion de leur travail, redonner de la dignité, de l’humanité dans la relation aux malades.
- Il faut ennoblir le dévouement et la fraternité qui sont une des motivations de ceux qui s’investissent dans ces professions. Redonner de la dignité au travail des soignants.
- L’accès aux soins et la qualité des soins, la qualité des rémunérations et des conditions de travail sont la priorité du programme du PCF.
L’accès aux soins : une priorité du
programme du PCF
- La création de 100 000 emplois dans toutes les catégories (infirmiers, aides-soignants, auxiliaires de vie, aides à domicile) et la titularisation des contractuels. L’amélioration des conditions de travail des équipes soignantes.
- Créer un pôle public du médicament.
- La redéfinition des hôpitaux de proximité avec un service d’urgence, une maternité, des services de médecine et de chirurgie, des services de soins de suite ou de structures pour les personnes âgées, s’adossant à un réseau de centres de santé et à la psychiatrie de secteur, la garantie au sein de chaque bassin de vie, d’un établissement de santé situé à moins de 30 minutes du domicile des patients.
- Le remplacement des agences régionales de santé (ARS) par des services régionaux démocratiques de l’Etat composés d’usagers, de professionnels de santé et d’élus du territoire et le redéploiement de tous les personnels dans le domaine médico-social.
Enfin, face à la lente dégradation des moyens financiers de la Sécurité sociale, la montée en puissance des assurances privées créant des injustices évidentes, près de 80 ans après la création de la Sécurité Sociale par Amboise CROIZAT ministre communiste , le PCF prône le retour à une pris en charge à 100% par la Sécurité sociale car ce qui a été possible au sortir de la guerre dans une France ruinée est aujourd’hui possible si la volonté politique existe d’y mettre les moyens financiers face à la voracité du secteur privé !
