Préservons notre industrie du médicament en Indre et Loire. Pour des assises régionales du médicament

Le site Recipharm de Monts en Indre et Loire emploie environ 220 personnes, et devrait fermer en 2025, si aucun repreneur ne se manifeste.

L’État annonce ce mercredi que le groupe suédois qui avait touché 15 millions d’euros dans le cadre de France Relance va devoir tout rembourser. Manière de confirmer la fermeture.

Il s’agit aujourd’hui de nous mobiliser avec les salariés pour maintenir un site de production et dégager une perspective à l’heure où tout le monde se plaint de la pénurie médicamenteuse.

Que pouvons-nous faire ensemble ?

En 2018, Recipharm est présent dans dix pays du monde et emploie près de 7 000 personnes sur 27 sites différents6. Elle produit plus de 600 spécialités pharmaceutiques pour le compte de plusieurs groupes pharmaceutiques7.

En novembre 2019, Recipharm annonce l’acquisition de Consort Médical, une entreprise britannique pour 505 millions de livres.

La pandémie de la Covid a rendu encore plus criante l’importance d’ouvrir un débat public sur nos propositions de création d’un Pôle public du médicament. Nous n’avons eu de cesse de dénoncer l’incurie gouvernementale dans la gestion de la crise, la dépendance de l’État aux industriels du médicament, les pénuries de médicaments qui ont affecté les hôpitaux français, avec des ruptures en constante augmentation depuis 2008, s’accélérant en 2019 pour doubler en 2020

Nous ne pouvons continuer à dépendre à 80 % de pays non-européens pour l’acquisition des matières premières ou des produits finis.

La privatisation de la production, sa délocalisation pour maximiser les profits en sont la cause principale. Ceci alors que l’aide publique aux multinationales pharmaceutiques est conséquente, notamment dans la recherche, sans pour autant faire preuve de transparence sur les aides reçues dans le développement de produits, sans que des conditionnalités lui soient opposées. La suppression d’emplois ces dernières années, notamment dans la recherche, n’a pas été sans répercussions sur l’incapacité de SANOFI, à fournir un vaccin en temps et en heure.

Pas étonnant, dans ces conditions, que depuis quelques années et singulièrement en 2020, cette question occupe les débats politiques, les médias.  Le parti communiste français travaille depuis des décennies sur l’importance de mettre en place un Pôle public du médicament, nos groupes à l’Assemblée nationale comme au Sénat ont déposé des projets de lois demandant la création d’un « pôle public du médicament », et cette exigence monte tant dans la population que dans toute la gauche, voire au-delà.

Si la santé est un bien universel, le médicament fait partie intégrante de l’offre de soins. Avec le Pôle public du médicament, nous nous intéressons à l’ensemble du processus conduisant de la recherche à la mise à disposition des médicaments et vaccins aux malades. C’est pourquoi, comme pour tout ce qui concerne la santé, nous faisons de la sortie du médicament du marché un de nos principaux objectifs.